4e PARTIE : OCTOBRE 99
• 02/10/99. MARSEILLE-METZ (1-1). 39 + 49 = 88. Ils sont 88 supporters messins (SC + GG) à avoir effectué le long déplacement en bus jusqu'à Marseille. Sur place, quelques autres étaient également présents. Noyés dans l'immensité d'un stade Vélodrome à ciel ouvert et par l'ambiance pro instillée par deux virages bondés, les fans messins ne se sont que très peu faits remarquer : quelques provocations, puis à l'entrée des équipes des étendards et quelques drapeaux s'élevèrent du haut du secteur visiteur. Pas de tifo particulier côté phocéen. En Virage Sud : étendards, drapeaux et torches (Commando Ultra, Vieille Garde) ; voile et drapeaux de pays du monde entier (South Winners). En Virage Nord : confettis (Yankee), voile (MTP) et torches (Fanatics, Dodger's). Pas très impressionnant. Pas d'incident. Ou plutôt si. Un blessé à déplorer côté messin : le kiné Luc Labeeu, touché au visage par le jet d'une bouteille au moment où les équipes quittaient la pelouse à l'issue du match. Son arcade sourcilière droite n'a pas résisté, nécessitant la pose de plusieurs points de suture. Pas un seul journal (à l'exception de France Football) n'en a fait l'écho !
• 06/10/99. STANDARD LIÈGE-METZ (0-2). Après Marseille, il ne fallait pas trop en demander aux supporters messins.
• 13/10/99. METZ-NANCY (2-2). Un nul sur le terrain, une victoire dans les gradins. Et il n'y a pas eu photo. Le contingent nancéien, "fort" de quelques centaines de supporters (guère plus de 600 dans la cage et environ 150 "endimanchés" silencieux et peu colorés en Tribune Nord Basse), nous a gratifié d'un spectacle affligeant. Pas de tifo. Pas même un seul calicot. Petit, très petit pour un derby. Même pour un mercredi. Derrière la bâche des « SNIPERS » et d'une autre sur laquelle figurait deux lettres, « V G » (Vieille Garde), on a eu droit à un tendu d'écharpes, quelques drapeaux et deux étendards ! Pas trois. Côté messin, le spectacle d'avant-match a été tout simplement remarquable. En Tribune Ouest Basse, le tifo concocté par Génération Grenat est des plus réussis. Deux immenses voiles de plastique jaune, sur lesquels sont dessinées deux grandes lettres « G » grenat, sont déployés aux deux extrémités de la tribune. Dans l'axe, à l'aide de feuilles de papier, une étoile blanche apparaît sur un fond grenat. C'était le jour de la sortie du dernier « Star Wars ». Le tifo est complété par deux immenses calicots. L'un, sur lequel on peut lire : « UNE SEULE ÉTOILE BRILLE (…) SUR LA LORRAINE », est déployé au bas de la Ouest Basse ; l'autre et le message : « L'EMPIRE GRENAT (…) CONTRE-ATTAQUE » au balcon de la Ouest Médiane. En Secondes, la Horda Frenetik s'est également illustrée par un tifo des plus originaux. Les gradins sont entièrement recouverts de feuilles bicolores grenat et blanc représentant un damier géant et un calicot déployé au bas de la tribune : « HF · NI PION · NI ROI · QUE DES FOUS » ! Une bâche du Gan figure en bonne place aux côtés de celles de la HF. Les supporters messins viennent de remporter leur derby. À plusieurs reprises, la Horda va tenter d'approcher la cage visiteurs avant et pendant la rencontre. Ses assauts sont à chaque fois repoussés par le rideau de sécurité du club renforcé, pour la circonstance, par quelques éléments issus du privé dont deux maîtres-chiens qui montent la garde sur la bande de gradins inoccupés séparant Messins et Nancéiens. Des jets de projectiles divers atterrissent au beau milieu de la cage, d'autres partent de la cage vers la Tribune Sud. Un spectateur est blessé. Côté canal, une quantité importante de chlorate forme une haute flamme et une épaisse fumée blanche après une demi-heure de jeu. Deux autres "préparations" se consumeront par la suite. Juste avant le début de la deuxième mi-temps, le but de Laquait est recouvert de projectiles divers. Mais, le fait le plus important du derby se situe en première période devant la cage visiteurs où Sébastien Schemmel essuie insultes et quolibets. C'est alors que l'ex-Nancéien adresse un bras d'honneur aux supporters de l'ASNL. Sébastien Schemmel a, par ce geste, définitivement choisi son camp. Mieux, après le second but messin signé Jestrovic, Sébastien face au kop autoroute soulève son maillot et dévoile le dernier T-shirt du Gan « NANCÉIEN? NON MERCI » ! Les ganistes sont stupéfaits et ravis. Enfin, à l'issue du derby, alors que son nom est scandé par la Tribune Ouest Basse, il retire son maillot et le jette dans le kop messin ! Et c'est avec le T-shirt du Gan qu'il porte fièrement, que Sébastien va rejoindre les vestiaires !!! On croit rêver.
• 17/10/99. SEDAN-METZ (0-2). Le stade Emile-Albeau de Sedan, c'est « Jurassic Stade » : exiguë, archaïque, plein de tribunes (6 au total !) d'un autre temps, sièges décolorés, éclairage très insuffisant, sonorisation inaudible… Heureusement le secteur visiteur est localisé dans la seule tribune récente. Ce sont en tout près de 600 supporters messins (800 d'après les Fréquences Grenat, un millier pour le Républicain Lorrain) qui envahissent le petit stade champêtre (4 bus GG dont 1 parti en milieu de matinée, 2 SC, 1 HF, voitures particulières). Les parties haute (sièges numérotés) et basse (terre-plein gravillonneux) du secteur visiteur sont bondées. « On est chez nous, on est chez nous ! », « Paysans, paysans… » scande le kop messin. Pour cette première victoire grenat à l'extérieur depuis fort longtemps, Génération Grenat est à l'origine d'un tifo "lumineux" : les étendards sont de sortie au pays des sangliers et quatre torches illuminent la nuit ardennaise. Après le premier but messin, du chlorate est allumé par la HF' 97 puis les esprits s'échauffent avec une partie du public sedanais accolé au bout de tribune des Messins. Une bataille de jets de pierres est engagée. Une dizaine de sièges sont arrachés. L'arrivée des CRS calme tout ce beau monde. Après chacun des deux buts messins, une torche est craquée tout en haut du secteur grenat. Côté sedanais, il existe deux kops, peu forts en voix, situés dans la tribune principale (côté vestiaires). À droite, les Ultras qui déploient un voile vert et rouge qui porte leur nom ; à gauche, les "ch'sais pas quoi" qui se manifestent en agitant quelques dizaines de ballons verts et rouges. En fin de partie, le public sedanais se fait royalement chambré.
• 24/10/99. METZ-LE HAVRE (3-0). Le derby (pour les supporters), c'est sacré. Ils l'ont raté. Ils, ce sont les joueurs ! C'est la raison pour laquelle Génération Grenat, ou du moins les principaux leaders, décide d'exprimer son mécontentement par un mouvement d'humeur d'ampleur pas forcément compris de tous. Ainsi, c'est assis (une fois n'est pas coutume), et en silence que le kop de la Tribune Ouest Basse assiste à la 1re mi-temps. Pas de tifo. Pas de calicot. Ni étendards, ni drapeaux. Pas même la moindre bâche. Pourtant, les événements sur le terrain qui font habituellement réagir un kop n'ont pas manqué : but messin, penalty imaginaire mais manqué pour Le Havre, expulsion de Meyrieu… L'autre fait "marquant" du jour, ce sont les quelque 2.000 femmes invitées par la Ligue Lorraine de Football et le FC Metz. Agitant des ballons grenats et blancs qu'on leur a distribués déjà gonflés des fois qu'elles n'auraient pas su, elles colorent la Tribune Nord Basse qui leur est exceptionnellement réservée. GG en "grêve", la HF sans voix (le soutien vocal n'est pas son point fort), les Havrais discrets, Saint-Symphorien sonne creux. Dès le début de la seconde période, le mouvement de "protestation" achevé, la bâche de GG retrouve sa place habituelle, les tambours résonnent de nouveau et les chants s'élèvent (enfin) des "Premières". Deux torches sont craquées au bas de la Ouest, du chlorate en Secondes. À noter la présence d'une soixantaine (1 bus, 1 voiture) de supporters havrais (Barbarians 93, Kop Ciel & Marine). Arrivés à Metz vers midi, ils sont invités par Génération Grenat à un apéritif arrosé suivi d'un barbecue. Quelques uns d'entre eux assisteront à la rencontre en Tribune Ouest Basse aux côtés de la GG. Écœurés par la tournure des événements (3 buts à 0 pour Metz, 3 expulsés à 1 pour Le Havre), les Barbarians replient leur bâche et veulent quitter leur cage avant l'heure. Le service de sécurité du FC Metz les fera patienter jusqu'au coup de sifflet final.
• 30/10/99. SAINT-ÉTIENNE-METZ (2-0). 300. C'est le nombre de supporters des Grenats présents dans le célèbre Chaudron. 5 bus (2 GG, 3 SC dont 1 au départ de Metz, 1 de Forbach et 1 autre de Merlebach) et des voitures particulières (HF) : jamais autant de Messins ne s'étaient déplacés dans l'enfer vert de Geoffroy-Guichard. Côté stéphanois : pas de tifo (on se réserve pour le derby) mais, sous la houlette des Magic Fans d'un côté et des Green Angels de l'autre, une ambiance de feu. Côté messin : étendards, deux torches, du chlorate mais peu d'encouragements. Pas d'incident.
Olivier
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