| 3e partie : Octobre 98
• 04/10/98. METZ-NANCY (2-3). Le Collectif Nancéien avait décidé de rester à la maison et préféré regarder le match à la télévision sur Canal+ Numérique ! Raison invoquée : le prix du voyage en bus assez élevé pour la distance (billet : 30 F, déplacement : 50 F) ! Le Collectif Nancéien n'était donc pas présent à Saint-Symphorien mais les Nancéiens sont tout de même près de 800 à s'être déplacés (500 transportés par bus, et 3 à 400 autres avec leurs propres véhicules). Depuis la nuit précédente, les guichets côté Secondes et l'entrée du secteur visiteur sont immaculés de divers graffitis et autres autocollants brocardant l'ASNL. Rue du Stade, écharpes et casquettes des Nancéiens venus avec leurs véhicules personnels sont "confisquées". Quelques échauffourées éclatent et une écharpe de l'ASNL est embrasée. L'arrivée des CRS calme les ardeurs des uns et des autres et met fin aux diverses exactions. Dans l'enceinte du stade, dans la partie haute du secteur visiteur où sont entassés les Nancéiens, deux calicots sur lesquels on peut lire « ANTI-METZ » et « FC MERDE », sont accrochés. À l'entrée des équipes, le kop messin déploie un immense et magnifique voile de quelque 70 mètres de long sur 15 mètres de large en Tribune Ouest Basse sur lequel sont reproduits quatre des principaux monuments de la Ville de Metz : la Gare, la Porte des Allemands, la Porte Serpenoise et l'Arsenal, sur un fond représentant un soleil. Le voile comprend aussi quatre grandes lettres grenat M, E, T, Z et le logo de Génération Grenat. De leur côté, les Nancéiens ne se sont pas foulés : des feuilles rouges et blanches se battent en duel. Metz remporte logiquement la "bataille" des tifos. Du secteur visiteur s'élèvent alors deux calicots sur lesquels on peut lire : « FINIE LA BRANLETTE » et « BIENVENUE FC METZ ». Enfin, sur un tout petit panneau on peut lire : « 622 MIN = 1 BUT ». En seconde période, la Horda Frenetik tente un passage en force en direction du secteur visiteur protégé, en plus du haut grillage, par un mur composé de membres du service de sécurité du club messin. Des torches sont allumées et lancées en direction du secteur ennemi. Alors que Nancy creuse l'écart sur le terrain, le portier nancéien Frédéric Roux essuie une pluie de projectiles de toutes sortes : une multitude de ballons en forme de b***, une boîte en carton, du papier... Puis une douzaine de torches sont balancées sur le terrain en pleine surface de réparation nancéienne. La rencontre doit être interrompue durant quelques minutes. Le club sera d'ailleurs sanctionné par la Ligue d'une amende de 5.000 F. Enfin, plusieurs sièges jaunes sont arrachés et l'un d'eux jeté sur le terrain à la fin du match.
• 17/10/98. SOCHAUX-METZ (1-1). Environ 200 supporters messins sont présents à Sochaux (2 bus GG, 1 bus HF, 1 bus SC). Durant le trajet aller, un bus de GG tombe en panne (câble d'accélérateur cassé) du côté de Frouard. Sortis de l'autoroute pour réparer la panne et stationnés à hauteur d'un rond point, les supporters messins sont pris à partie par une bande de beurs. Leur véhicule fait marche arrière en direction des fans messins. Des coups sont échangés. La gendarmerie, alertée par les agresseurs (!), bloque l'un des deux bus alors que l'autre a déjà repris la route. Un Messin est interpellé sur une aire d'autoroute. Il n'ira pas plus loin mais sera relâché une heure plus tard et regagnera Metz sans poursuite. L'incident a occasionné un certain retard et les deux bus de GG n'arrivent au stade que peu avant le coup d'envoi. Un Messin est interpellé par la police cette fois pour avoir tenté d'introduire une torche dans le stade. Il risque des poursuites dans le cadre de la loi Alliot-Marie. Avant le coup d'envoi, GG et HF allument de nombreuses torches. L'une d'entre elles atterrit sur la pelouse. Côté sochalien, le tifo à base de feuilles jaunes et bleues, élaboré par les Joyriders, est un bide total. À la mi-temps, de brefs incidents éclatent avec une bande de beurs (encore !) venue provoquer le contingent grenat. L'intervention des CRS calme les esprits qui s'étaient sérieusement échauffés. De gros pétards sont envoyés en direction des "suppor-beurs" sochaliens.
• 24/10/98. METZ-MONACO (1-0). Pour ce match, Génération Grenat rend hommage au malheureux Michele Padovano, gravement blessé une semaine plus tôt dès son premier entraînement ! Un calicot en italien est déployé au balcon du niveau médian sur lequel on pouvait lire : « MICHELE : LA TUO DOLORE È LA NOSTRA DISGRAZIA, NON MOLARE... SIAMO CON TE (GG'95) ». (Traduction : « MICHELE : TA DOULEUR EST NOTRE MALHEUR, TIENS BON... NOUS SOMMES AVEC TOI (GG'95) ».) Sur un autre calicot, déployé au bas de la tribune, GG en appelle à la... « VICTOIRE » ! En Secondes, des torches et du chlorate illuminent la nuit. Pour avoir allumé des torches, deux fans de la Horda Frenetik sont interpellés par le service de sécurité du club et remis aux forces de l'ordre ! Gardés à vue durant près d'une vingtaine d'heures, ils seront poursuivis devant le tribunal correctionnel le 12 janvier 1999 dans le cadre de la loi Alliot-Marie. Et la persécution se poursuit. Peu avant la fin du match, un calicot aussi mystérieux qu'énigmatique sur lequel était inscrit : « VINCENT LAGAF ENCULÉ ! », est déployé. À noter la présence d'une vingtaine de supporters monégasques très discrets. Pas d'incident.
• 30/10/98. LENS-METZ (2-0). Deux bus (GG, SC) ont fait le déplacement. Les fans messins se signalent par de la fumée (chlorate) et un calicot fort surprenant « MAÏTÉ, T'ES BONNE ! ». Deux Messins seront arrêtés. La raison ? État d'ébriété... avancé ! Ils seront relâchés le lendemain au petit matin après un passage en cellule de dégrisement. Pas d'incident.
À suivre.
OLIVIER
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